Le graphiste en 2018, quelle réalité?

Alors que l’industrie des communications et de la publicité se numérise, les expertises recherchées dans ce domaine évoluent. Le graphiste traditionnel que nous connaissions il y a 15 n’existe plus. Quelle place a le créatif sur le marché de l’emploi et comment y prépare-t-il son entrée?

Lorsque l’on se rend sur le site d’Emploi Québec pour lancer la recherche «graphiste» dans toute la province, les résultats proposent à peine plus de 60 offres d’emploi.

Toujours selon Emploi Québec, 87 000 postes étaient déclarés vacants au quatrième trimestre 2017 au Québec, soit une augmentation de 20% en comparaison au même trimestre en 2016. La différence entre les deux chiffres peut donner le vertige.

Néanmoins, Montréal et le Québec sont reconnus pour la qualité des créations graphiques, et ce, quel que soit le domaine.

Selon un rapport de l’A2C, en 2013, le Québec comptabilisait plus de 700 agences de publicité et média. À cette époque, le nombre d’agences dédiées exclusivement au numérique s’élevaient à 16.

Alors, comment les professionnels du graphisme, ces artistes aux services des entreprises gèrent-ils ces transformations? Quelles sont les formations enseignées? Comment doivent-ils s’adapter aux nouvelles technologies?

Le Collège Salette, établissement spécialisé dans la formation de designer graphique depuis 1942, et qui s’appelait autrefois Studio A. Salette, a formé plusieurs milliers de designers depuis son ouverture. Présentement, les formations offertes par le collège s’articulent en 3 axes: le design graphique, l’illustration publicitaire et le design web. La première est plus générale et permet aux étudiants d’acquérir les compétences en graphisme, production, conception et accompagnées de notion web.

Le programme Design web, accrédité en 1999, sous le nom Concepteur web, s’est ouvert aux technologies mobiles en 2011. Les étudiants du Collège Salette qui suivent le programme en design web ont désormais de nombreuses disciplines.

Comme l’explique Ginette Gervais, directrice générale du Collège Salette : « Le programme offre de nouvelles expertises qui n’existaient pas il y a dix ans comme l’animation, les réseaux sociaux et l’expérience utilisateur ou UX. » Nommée pour deux mandats consécutifs Commissaire pour la Commission consultative sur l’enseignement privé par le Ministère de l’Enseignement supérieur, Ginette Gervaisaccompagne des étudiants depuis plusieurs décennies.

Ainsi, avec environ 130 étudiants actifs, le Collège Salette peut se féliciter « d’un taux de placement des étudiants diplômés qui se maintient à 95%, malgré une profession qui évolue », explique la directrice générale.

Alors comment arrive-t-on à maintenir une telle performance lorsqu’on observe la conjoncture?

« Le programme de Design web est mis à jour presque chaque session. Il y a toujours de nouvelles choses, ça bouge beaucoup plus vite que le design graphique », explique-t-elle. La moyenne d’âge des élèves est d’environ 25 ans et on note que 20% des étudiants en design web sont des designers graphiques qui reviennent sur les bancs de l’école. Ainsi, ils peuvent acquérir les compétences web qui manquaient à leur parcours et trouver plus facilement un nouvel emploi.

Car les graphistes se doivent d’être en formation continue. En effet, une multitude d’outils gratuits sont aujourd’hui disponibles sur Internet. Les formations spécialisées fleurissent partout au Québec et les cursus pour professionnels ne cessent de se développer.

Le Collège Salette l’a bien compris. C’est d’ailleurs pour cela que les matières enseignées vont se diversifier. Le Collège vient d’acquérir de nouveaux locaux et prévoit un déménagement l’année prochaine. Ainsi, l’établissement sera prochainement rejoint par le Collège de Photographie Marsan. À cela, s’ajoutera un programme de cinéma à l’automne 2018. Évidemment, rien de plus logique à Montréal, un programme d’animation 3D et d’effets visuels sera aussi accessible aux futurs étudiants.

Même si les formations restent des parcours indépendants, la volonté de créer une école des métiers artistiques est assez représentative de l’évolution du marché.

On peut également se demander si un jour, le programme de designer graphique ne sera pas qu’une partie du programme de design web.

Car les frontières entre les métiers sont de plus en plus floues. Le photographe retouche ses photos. Le graphiste web code parfois lui-même les pages web. L’illustrateur écrit à la place du concepteur-rédacteur.

À une époque où tout va de plus en plus vite, est-ce que les écoles spécialisées en design graphique ont de l’avenir?

Et finalement, est-ce que la pluridisciplinarité est vraiment une solution? Car, à force de vouloir tout faire, on finit par mal faire. Heureusement que le design graphique est avant tout un métier de passionnés.

par Maïté Belmir, le 27 juin 2018

collège salette

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